Rhinocéros

Eugène Ionesco

17, 18, 19 avril 2026

au Théâtre de la Camillienne

Une vaste comédie absolument dramatique qui n'a vraiment, mais alors rien à voir avec nous. 

En quelques mots: Bérenger, un garçon normal a priori, rejoint son ami Jean à la terrasse d'un café après une nuit bien arrosée. 

Soudain passe un rhinocéros. 

Et il ne s'agit que du premier. 

 

Un chef d'oeuvre du théâtre de l'absurde que nous avons urgemment envie de partager avec vous. 

Deuxième volet du triptyque

Après Cyrano, place à la célèbre comédie dramatique de Ionesco.

« La rhinocérite est une maladie morale. »

Commentaire de l’auteur dans Notes et contre-notes, Gallimard, 1962.

Écrit en 1959, Rhinocéros est une métaphore du conformisme social, de la montée de l’irrationalité et de l’idéologie totalitaire. Cette version de la pièce est vue comme un outil de réflexion collective sur notre présent : L’univers de la pièce, volontairement dystopique, installe une sensation d’oppression qui plonge le spectateur au cœur de transformations inquiétantes. La pièce devient ainsi un miroir des tensions de notre époque, des dérives politiques et sociales, et de la tentation pour l’individu de se fondre dans le groupe au détriment de sa singularité. 

Dix comédiens évoluent simultanément sur scène, offrant une véritable dimension chorale et donnant à voir la puissance de la masse. Le chœur devient la personnification des doutes, réflexions et pulsions de Bérenger. 

La scène devient un huis clos mental où les autres personnages apparaissent comme des projections de lui-même. Ils restent toujours présents : en lointain, dans une pénombre latérale, ou derrière un voile circulaire entourant le plateau. L’esthétique est dystopique, construite à partir d’éléments de récupération : matériaux usés, métal, objets patinés. Ce recyclage symbolise la répétition des idéologies à travers l’histoire. Village, bureau et appartement ne sont pas des lieux réalistes mais des condensés sensoriels, comme des souvenirs qui se délitent progressivement.